?Que et où manger ?

Tout d'abord en arrivant à Istanbul, on est frappé par la quantité de nourriture qui est proposée quotidiennement dans les rues de la ville. Débauche alimentaire, que l'on ne retrouve pas dans les villes françaises, qui s'affiche à tous les coins de rue, dans des vitrines, des étals ambulants, des chariots voire même sur des barques aux abords du Bosphore où l'on peut manger des filets de maquereaux grillés.

La cuisine turque est classée, d'après le Guide aux couleurs azurées, comme la troisième cuisine mondiale, après la française et la chinoise, en fonction du nombre d'ingrédients utilisés et de plats confectionnés.

Le niveau de vie en Turquie est à peu près 3 fois moins élevé qu'en France, et encore cela varie entre l'Anatolie profonde et Istanbul (PNB turc ~ 8000 $ ; PNB français ~24000 $). A ce titre la Turquie est un pays en voie de développement. Istanbul, produit à lui tout seul 40 % de ce PNB pour une population de 15 millions d'habitants soit 20 % de la population. Aussi contrairement à Ankara, ville de fonctionnaires et donc peu riche, Istanbul est une ville qui recèle une multitude d'endroits pour sortir, et donc énormément de restaurants. Mais c'est surtout la très grande variété de restaurants qui caractérise la Turquie et Istanbul en particulier. Les restaurants peuvent se ranger en plusieurs catégorie où ambiance et nourriture seront très différentes.

Le plus populaire est certainement l'Ocakbasi qui signifie littéralement "tête du foyer". En effet ce type de restaurant a

toujours une très grande cheminée haute, ouverte de tous les cotés et plantée au milieu de la salle, où l'on peut voir toute sorte de viandes entrain de griller, sauf bien entendu du porc. On peut choisir dans un étal réfrigéré ses morceaux à cuire et en vérifier l'état de fraîcheur. En entrée les mezze à choisir constituent une bonne avant garde hors de l'oeuvre principale que seront les viandes grillées. Le tout peut-être accompagné de l'inévitable raki (prononcé rakeu) boisson alcoolisée nationale à base d'anis comme dans tous les pays du pourtour méditerranéen : ouzo en Grèce, anisette en Espagne, pastis en France, arak au Liban, (mais aussi rak à la Réunion, qui la-bas est du Rhum tout ceci parce que "Arak" signifie alcool en arabe). L'ambiance, télévison comprise, garantit l'éveil de tous les sens.

Le Köfteci propose aussi de la viande uniquement en Köfte, boulette de viande d'agneau grillée soit en salle de restauration ou tout simplement dans la rue.

De même chez l'Iskembeci on ne présente que des plats comme les kokorech, tous à base de tripes, il faut oser même si cela est parfois un peu gras, comme le tavukgöcksu dessert à base de cou de poulet, etonnant !

L'enseigne de certains restaurants, indique qu'ils sont Haci, c'est à dire que le propriétaire a fait déjà le pèlerinage à la Mecque, et à ce titre ils ne servent pas d'alcool.

Si on recherche plus encore de folklore, on peut manger des Gozeleme, sorte de très grande crêpe pliée avec des légumes ou de la viande à l'intérieur. Tout ceci dans un fond musical de "saz" afin de plonger dans l'ambiance anatolienne.

De même les Pideci servent des pide qui rappellent étrangement les pizzas italiennes avec une pâte et une forme différentes.

Mais si c'est le poisson qui vous tente, vous ne manquerez pas les nombreux restaurants de poissons tout le long du Bosphore où vous pourrez goûter les différents poissons qui traversent le Bosphore suivant la saison. Kakan, levrek, lüfer, hamsi, cipura souvent grillés vous feront découvrir la finesse de la chair de ces poissons de la mer Noire toute proche.

A moins que vous désiriez une ambiance grecque, Istanbul héberge aussi une dizaine de tavernes grecques où l'on casse des assiettes sous vos pieds en signe de bonheur, sertaki garanti, mais il faut savoir les trouver.

Il faut assister, dans n'importe lequel de ces restaurants, à la coupure du jeûne (l'ifthar) en période de Ramadan. Assis devant de la nourriture déjà servie, remuant, salant, humant, le Turc attend avec impatience l'heure fatidique et libératrice désormais donnée par la télévision trônant dans la salle de restauration. La scène est truculente du moins pour celui qui ne respecte pas le jeûne.

Mais si toute ceci ne vous tente point il vous restera les inévitables Mac Do et leurs avatars, qui pullulent de plus en plus, signe malèfique du mondialisme.

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