Vie de chats à Istanbul

Des milliers de chats vivent à Istanbul en toute liberté. Les Turcs, à l'instar des anciens Egyptiens, vouent à ces félins domestiqués, une attention particulière ! La recommandation orale du Prophète Mohamed qui a demandé expressément aux musulmans de bien traiter les chats, lui même donnait l'exemple en traitant avec une grande bienveillance les chats ce qui n'est pas le cas des chiens, plus malmenés dans les rues stambouliotes. D'ailleurs, dans les années trente, les chiens d'Istanbul subirent une gigantesque rafle, qui permit de ramasser 30 000 chiens errants et ils furent transportés et abandonnés sur une des îles désertes des Iles aux Princes. Il faut imaginer le colosse restant le dernier survivant après avoir dévoré tous les autres !

Mais les chats d'Istanbul, comme dans d'autres villes, ont une mission c'est celle de raticide et donc d'éviter la propagation de maladies. Aussi il n'est pas rare de voir une amoureuse de ces félidés leurs apporter journalièrement, dans la rue, de la nourriture, alors des hordes de 20, 30 voire 40 chats envahissent le pavé pour se nourrir à peu de frais pour eux !

Les chats en hiver font vitrine aux bow-windows ou oriels des appartements istanbouliotes.

Ankara autrefois s'appelait Angora en effet c'est de cette ville que venaient les chèvres au poil soyeux qui ont donné leur nom au chat Angora, du à la similitude des fourrures. Le lac de Van, à l'est de la Turquie, abrite une race de chats particulière : le chat de Van qui a la particularité d'avoir les yeux vairons, c'est à dire de 2 couleurs différentes !

Les Chats et les Musulmans ;

En tuant les souris, le chat est « agréable à Allah » mais il ne doit pas les manger car les souris sont « immondes ». Enfin, puisque le chat est capable de prendre la religion de son maître, il ne faut offrir des chatons à un « Roumi » (étranger non musulman) que s’ils sont déjà bons musulmans. Et si un Roumi possède un chat trop jeune, il est méritoire de le lui prendre pour le faire élever par une chatte bonne musulmane. Les chats qui vivent à l’état sauvage sont des infidèles qu’il est bon de tuer (comme tous les infidèles) tandis que les chats errants, trop vieux pour chasser, qui se réfugient dans un douar, sont considérés comme des « envoyés d’Allah ». On enterre un chat qui meurt, contrairement au chien dont le cadavre est abandonné. Le nom de « Sidi Catous » revenait souvent dans les chansons de marche des tirailleurs tunisiens de l’armée française.

Selon les musulmans tunisiens, cette vénération toute particulière pour le chat s’expliquerait par le fait que le Prophète avait ordonné de protéger ces animaux bien utiles pour protéger les tentes contres les souris et les serpents. Mais il faut aussi y voir une survivance de la déification du chat par les Egyptiens (pour les mêmes raisons que celles avancées par le Prophète).
Pour les musulmans, le chat est né sur l'arche de Noé, le lion, alors que l'arche était infestée de rats, se serait gratté le museau. Celui-ci éternua et fit naître un couple de chats (l'expression avoir un chat dans la gorge viendrait de cette histoire). Si le chat n'aime pas la pluie, cela viendrait aussi de Noé qui aurait puni le chat en l'envoyant sur le pont supérieur de l'arche parce que l'animal aurait fait ses griffes sur le bois du bateau.

Dans le Coran, il est dit que le prophète Mahomet aurait préféré abandonner un morceau de son vêtement plutôt que de réveiller sa chatte "Muezza" qui dormait dessus. Elle le remercia alors par une révérence et Mahomet accorda aux chats le don de toujours retomber sur leurs pattes, on prétend même que Mahomet "aimait" tellement sa chatte qu'il la prenait dans ses bras pour aller prier à La Mecque. L'Islam interdit de tuer les chats et ces animaux sont d'ailleurs libres d'entrer dans les mosquées et sont très respectés des musulmans. Le chat est assuré de trouver sa place au Paradis musulman.

 

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