LE GRAND BAZAR

Le grand bazar à Istanbul est une ville dans la ville, ancien héritier des caravansérails où convergeaient les produits d'Orient, terminus de la route de la soie, lieu d'échange entre Orient et Occident, ce lieu n'a rien perdu de sa magie. 5000 boutiques, 10 000 vendeurs, 20 à 30 000 personnes en permanence dans ce temple du commerce. Bijoux, cuirs, tapis, céramiques, tissus, cuivres, antiquités, épices mais aussi restaurants, mosquées tout s'achète ... mais surtout une ambiance due au fait que cet endroit est clos (en turc KAPALI CARSI : marché fermé) et où les murs sont peints de fioritures et autres arabesques, attention ce n'est pas un souk, car ici tout est ordonné, agencé, réparti. Les vendeurs se sont regroupés par rues et quartiers selon le type de marchandises offertes ainsi la rue principale est reservée, noblesse oblige, aux bijoutiers ( comme le montre la photo ci dessous) , le centre du bazar est le vieux bazar qui recèle des trésors d'antiquités vraies et fausses, le moindre recoin est exploité.

Le KAPALI CARSI est un des plus grands marchés de l'or au monde, et il faut assister le matin aux discussions qui permettent de fixer les cours de l'or.

Le touriste déambulant se fait héler dans sa langue maternelle sans avoir énoncé sa nationalité, comment ces marchands devinent-ils en quelle langue s'adresser à eux ? Chaque habiatant d'un pays posséde une démarche, une gestuelle, une façon de s'habiller ou de se chausser, tout ceci nous trahit, et ainsi nos marchands par simple observation découvrent notre langue maternelle, il est amusant de déambuler et de se faire passer pour un ressortissant d'un autre pays que le sien pour désarmer les vendeurs mais attention de connaitre quelques mots de cette langue pour lutter à armes égales avec le marchand. En effet ce procédé d'interpeller les touristes dans leur langue est très commercial et fait mouche souvent, même si après coup le touriste se rend compte que le commerçant ne possèdait que quelques mots de sa langue, le contact est fait, la vente aura certainement lieu. Aussi ce lieu est le temple du marchandage et suivant votre nationalité le prix est multiplié par 2, 3 voir 5 ( pour les Américains) d'ou l'utilité de cacher sa provenance ou au contraire de l'afficher. Ce marchandage procède suivant un rite qui se pratique devant un thé et il faut savoir que le commerçant turc, qui est très superticieux, est plus conciliant si vous êtes son premier client ou même son dernier client ! Le marchandage doit se pratiquer sinon c'est une offense au marchand mais attention de ne pas en abuser et de trouver les limites, tout l'art délicat du marchandage est là. Et si de plus vous possédez quelques mots de la langue turque, le prix fondra plus vite, car le marchand sera sensible à votre approche de son pays.

Enfin un dernier conseil, ce bazar est un labyrinte pour en sortir une solution : suivre la pente ( les Turcs disent : suivre l'eau qui ruiselle) qui vous ménera direct à Eminönu, la corne d'or en traversant des rues typiques ou vous trouverez parfois les mêmes articles mais beaucoup moins chèrs ( normal car les prix de location des boutiques sont plus élevés à l'intérieur qu'à l'extérieur du KAPALI CARSI ). Mais le plaisir, c'est aussi de se perdre dans ces dédales et de tomber sur des choses insolites et il y en a beaucoup : metiers disparus, bonnes affaires, vues sur la corne d'or, portefaix, degustation, palabres, regards, batiments ...

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